Si je vous demandais de nommer quelques habitudes favorables à votre santé, vous pourriez probablement m’en donner plusieurs, comme: Manger mieux. Bouger davantage. Dormir suffisamment. Gérer son stress. Boire assez d’eau, et peut-être même d’autres!
Alors voici une question beaucoup plus intéressante : Si nous savons déjà tout cela, pourquoi est-ce parfois si difficile de le mettre en pratique? Peut-être parce qu’entre savoir et faire, il existe tout un monde.
L’information ne suffit pas toujours
Nous n’avons probablement jamais eu accès à autant d’information sur la santé. Articles, vidéos, balados, applications, montres intelligentes, conseils nutritionnels… Nous savons beaucoup de choses. Pourtant, connaître une recommandation ne signifie pas automatiquement qu’elle trouvera sa place dans notre quotidien.
Les recherches sur le changement des comportements montrent d’ailleurs que celui-ci ne repose pas uniquement sur les connaissances. La confiance d’une personne, ou dans sa capacité d’agir, mais dans ce que les chercheurs appellent: l’auto-efficacité et elle joue notamment un rôle important. Les stratégies comme se fixer des objectifs, suivre ses progrès et bénéficier d’un soutien font aussi partie des approches fréquemment associées au changement des habitudes de vie. (PubMed Central (PMC))
Autrement dit : Comprendre est important. Mais comprendre n’est que le début. Le problème n’est pas toujours le manque de volonté. Imaginez quelqu’un qui veut être plus actif. Il décide que, dès lundi, il ira au gym cinq fois par semaine.
Le problème? Cette personne n’aime pas particulièrement le gym, elle travaille beaucoup, elle a déjà un horaire chargé et elle n’a pas fait d’exercice régulièrement depuis plusieurs années.
Combien de temps cette nouvelle résolution risque-t-elle de tenir? Ce n’est pas nécessairement un problème de volonté. Peut-être que le changement choisi était simplement trop éloigné de sa réalité.
L’Organisation mondiale de la Santé rappelle d’ailleurs, dans ses recommandations sur l’activité physique, que lorsqu’une personne est peu active, elle peut commencer par de petites quantités et augmenter progressivement. (NCBI)
Voilà une idée qui mérite réflexion. Et si améliorer sa santé ne commençait pas par faire davantage, mais par choisir quelque chose que nous sommes réellement capables de maintenir?
Nous cherchons souvent le changement parfait
C’est lundi. Cette semaine, je mange mieux. Je recommence l’exercice. Je me couche plus tôt. Je diminue le sucre. Je bois davantage d’eau. Et tant qu’à y être, je vais aussi apprendre à méditer! Le problème n’est pas que ces intentions soient mauvaises.
C’est qu’en voulant parfois tout améliorer en même temps, nous transformons la santé en projet gigantesque. Puis la vie reprend. Une semaine chargée. Une mauvaise nuit. Un imprévu. Et tranquillement, les anciennes habitudes reviennent. Peut-être devrions-nous envisager les choses autrement.
Une meilleure question
Au lieu de demander : « Qu’est-ce que je devrais changer? » Essayez plutôt : « Quel changement serait suffisamment petit pour que j’aie réellement envie de le maintenir? »
Marcher dix minutes après le souper. Ajouter un légume à un repas. Éteindre l’écran un peu plus tôt le soir. Prendre quelques minutes pour manger plutôt que d’avaler son repas devant l’ordinateur. Ce n’est rien de spectaculaire, mais c’est justement l’idée.
La santé ne se construit pas uniquement avec les grandes décisions que nous prenons occasionnellement. Elle se construit aussi avec les petites décisions que nous répétons suffisamment longtemps pour qu’elles deviennent normales.
Mais par où commencer?
C’est souvent la vraie difficulté. Parce que tout le monde n’a pas besoin de commencer au même endroit. Pour une personne, ce sera peut-être le sommeil. Pour une autre, l’activité physique. Pour une troisième, l’alimentation ou la gestion du stress.
C’est justement l’esprit du Profil des habitudes de vie : Comprendre, nos forces et les endroits où il serait mieux de mettre nos efforts. Par la suite les parcours proposés ne vise pas à rechercher la perfection, ni imposer une recette identique à tout le monde, mais mieux comprendre les différentes dimensions qui influencent notre santé et avancer progressivement.
Vous savez probablement déjà beaucoup de choses sur la santé. La prochaine étape n’est peut-être pas d’en apprendre toujours davantage. C’est peut-être de découvrir comment transformer ce que vous savez en quelque chose qui trouve réellement sa place dans votre vie.
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Parce qu’une meilleure santé ne commence pas nécessairement par un grand changement. Elle peut commencer par le bon petit pas.

